Archives par mot-clé : articulation

fingers and tongue

The Musician Sound After Fingers And Tongue

The sound, radiating from the air column, appears as the material to be worked out, and actually sculpted by the articulation resulting from your fingers and your tongue, which come up together in this process as the physical link between your sender/body and your amplifier/instrument.

As A Chatty Player With Skillful Fingers

down to your fingertips

Your fingers interact with the instrument from the initial emission, for the note pitch, and are driven by your musical intent, as Dominique Hoppenot recalls it in her Inner Violin / Le violon intérieur.

« (…) fingers transmit the expression of what is decided elsewhere, and the difficulty in developing a gesture is more often due to the confusion of a mental image than to a mechanical inability.« 

Your fingers get positionned before your tongue interacts, without disturbing this first note.

let your tongue take language

« The first note is played without the tongue, thanks to your back muscles ; the following one extends it by letting the tongue go back down.« 

Then, only the light tip of your tongue (Joe Allard would rather talk about the « edge ») is necessary for detaching notes, withdrawing backwards and aligned with the reed : the tongue edge lets the reed vibrate, which you must feel and visualize in your belly bottom.

« We would begin the tone with no tongue, get very loud and while the note was still going on, he’d have us barely articulate. We would touch the reed as lightly as possible, so that the tongue would interrupt the vibration of the reed without stopping it, teaching us to barely tongue. He’d have us practice it loud so that we’d learn to use a light articulation even though we were playing loud.

Lots of students tongue hard when they play loud ; Joe’s exercise separated that. »

« Allard preferred the nomenclature “edge“ rather than tip, because “tip means an extreme point“. He purported that speech books with which he was familiar described the tongue as having an edge and a blade, the blade being the surface of the tongue. »

« The actual sounding of the articulation comes with the release of the reed. Conceptually, the tongue can be seen as an extension of the reed. »

Towards Your Personal Style

The dynamics of this musical sculpture results in the end from the complementarity of those components of your speech : your musical idea (shaped in your brain and driving the next steps, as George Kochevitsky explains it in his Art Of Piano Playing), the sound vibration, your fingering, finally the tongue acuteness of the wind player.

following your fingers and your ear

As seen in other topics (instrument, highs & lows, sensations, convergence), your proprioceptive sensations should drive the instrument, following the path : brain > inner vibration > fingers (& embouchure) > instrument.

To make the last step lighter, your fingers should stay close to the instrument keys, and the light end of your tongue close to the reed edge as well.

Thinking your sensations first (from your natural breathing), while forgetting your connections with your instrument (i.e. your fingers – and embouchure for a wind player), make your fingers work out your musical idea and not disturb it. In other words, your musical intent drives your expression, through your technique.

« { Ludwig Deppe (1828-1890) wrote that tone must be produced, not by finger stroke (…) but by coordinated action of all parts of the arm. }

Ludwig Deppe was opposed to hammering the keys, saying that one should not strike but should caress the keys. (…) Each finger had to work under the conscious direction of the will.

He spoke of a mental map of the entire route from brain to fingertips and stressed that, together with fingers and hands, the mind should practice also.

(…) Training the ear went hand in hand with technical training.« 

« { Amid all the noise made by those who came after Deppe, a pianist and teacher by the name of Oscar Raif made some extremely interesting experiments. }

Raif concluded that it would be worthless in developing piano technique to attempt to augment the agility of each individual finger.

The difficulty lies not in the movement itself, but in the precise timing of the successive movements of the fingers. Since timing is the product of perception and will, it should be clear that technique is initiated in the central nervous system. From there, movements must be coordinated as part of one action and governed bv our will.

(…) The finished performance must be preceded by frequently repeated, consciously willed primary movements. »

« Any normal bone-muscle apparatus is sufficient for the development of a high degree of technique because of the brain behind the hands.« 

« ((…) first, fingers are prepared on the keys to be pressed. Each finger then presses with a light downward movement only, never leaving its key. (Thus the size of finger movement is equal to the depth of the key). And playing proceeds very slowly, pianissimo, with the whole attention concentrated on fingertips.« 

« The musical idea, always going slightly ahead, should stimulate technical development. If technical aspects take the leading role, there is the danger of degradation into superficial virtuosity.« 


doigts et langue

Le son du musicien par les doigts et la langue

Le son vibrant de la colonne d’air constitue la matière à travailler, à sculpter par l’articulation associant les doigts et la langue, qui apparaissent dans ce processus comme le lien physique entre le corps/émetteur et l’instrument/amplificateur.

Avec doigté et une langue bien pendue

jusqu’au bout des doigts

Les doigts entrent en jeu dès l’émission initiale, pour la hauteur de la note, et sont pilotés par l’intention musicale, comme le rappelle Dominique Hoppenot dans Le violon intérieur.

« (…) les doigts sont l’expression de ce qui se décide ailleurs, et la difficulté dans la mise en place d’un geste est due plus souvent à l’obscurité d’une image mentale qu’à une incapacité mécanique. »

Le positionnement des doigts s’effectue avant l’action de la langue, qui ne doit pas perturber cette première note.

prendre langue

« La première émission se fait sans la langue, avec les dorsaux ; la deuxième se fait en descendant la langue. »

Ensuite, la pointe seule de la langue, la plus légère possible (plutôt le bord, selon Joe Allard) suffit pour former le détaché, et il faut diriger son action vers l’intérieur et l’arrière (et non pas vers l’anche), en l’enlevant délicatement dans le prolongement de l’anche : le bord de la langue libère la vibration de l’anche, qui doit toujours être visualisée au centre du diaphragme.

« Nous avions l’habitude d’émettre la première note sans utiliser la langue, puis de l’amplifier très fort, et il nous faisait alors articuler très légèrement sur ce son. Notre langue touchait à peine l’anche, en interrompant sa vibration sans la bloquer, il nous apprenait ainsi à très peu remuer la langue. Il nous faisait jouer à plein volume pour nous habituer à articuler légèrement tout en jouant fort.

De nombreux élèves donnent d’énergiques coups de langue quand ils jouent fort ; l’enseignement de Joe distingue ces deux aspects. »

« Allard préférait parler du « bord » plutôt que de la « pointe » de la langue, qui évoque un point extrême. Il tenait cela de la littérature sur le discours, qui décrit la langue comme ayant un bord et une lame, la lame représentant la surface de la langue. »

« Le son résultant de l’articulation est produit à la libération de l’anche. Conceptuellement, la langue peut être considérée comme le prolongement de l’anche. »

Vers le style personnel

La dynamique de cette sculpture musicale résulte de la complémentarité de chaque constituant du discours : l’idée musicale (formée mentalement et conduisant les étapes suivantes, ainsi que l’explique George Kochevitsky dans The Art Of Piano Playing), la vibration sonore, le doigté, et la finesse de la langue pour les musiciens à vent.

au doigt et à l’oreille

Comme vu dans d’autres thèmes (instrument, aigus et graves, sensations, convergence), les sensations proprioceptives doivent piloter l’instrument, selon l’enchaînement suivant : cerveau > vibration intérieure > doigts (et embouchure) > instrument.

Pour faciliter la dernière étape, les doigts restent proches des clés (ou des touches du piano), et la fine extrémité de la langue reste proche du bord de l’anche.

L’intention musicale est alors transmise directement, sans perturbation : autrement dit, l’intention produit le message musical, grâce à la technique.

« { Ludwig Deppe (1828-1890) écrivit que le son doit être produit non pas par l’action des doigts, mais par le mouvement coordonné des constituants du bras. }

Ludwig Deppe était opposé à toute frappe brutale du clavier du piano, il disait que l’on ne doit pas taper sur les touches, mais plutôt les caresser. (…) Chaque doigt va agir sous la direction consciente de la volonté.
Il décrivait le schéma mental du chemin reliant le cerveau à l’extrémité des doigts et insistait sur le fait que le mental doit travailler en même temps et en cohérence avec les doigts et les mains.

(…) L’entraînement de l’oreille va de pair avec la progression technique.« 

« { Au milieu des proclamations des suiveurs de Deppe, un pianiste et professeur du nom d’Oscar Raif effectua de très intéressantes expérimentations. }

Raif conclut qu’il serait vain de vouloir améliorer la technique pianistique en augmentant l’agilité individuelle de chaque doigt.

Le problème réside non pas dans le mouvement proprement dit, mais dans la fine synchronisation des mouvements successifs des doigts. Comme cette synchronisation résulte de la perception et de la volonté, il est évident à ce point que l’aspect technique trouve son origine dans le système nerveux central. À partir de là, les mouvements sont obligatoirement coordonnés car intégrés dans une action volontaire.

(…) La production finale de la pièce musicale doit être préparée par un nombre suffisant de répétitions consciemment voulues des mouvements élémentaires. »

« La liaison ordinaire os-muscle suffit pour pouvoir développer une technique de haut niveau, puisque c’est le cerveau qui agit en arrière-plan des mains.« 

« (…) en premier lieu, on prépare ses doigts sur les touches concernées. Ensuite, chaque doigt enfonce sa touche par une légère pression, sans la relâcher. (De ce fait, la course du mouvement du doigt correspond à l’enfoncement de la touche). Puis on déploie son jeu très lentement, pianissimo, en concentrant son attention sur l’extrémité de ses doigts.« 

« L’intention musicale, toujours avec un temps d’avance, doit stimuler le déroulement technique. Si ces aspects techniques prennent le dessus, il y a un danger certain de dégradation vers une virtuosité superficielle.« 


The Musician Sound

My thoughts about the musician sound elaborate from the following concepts :

Sound and Inner Vibration

My exploring the alto saxophone, coming from practicing the clarinet, made me realize how paramount the sound foundation is, as resulting from the mastering of my inner vibration : by avoiding any physical stress disturbing the musical gesture (“body tensions shrink your sound“, as Marie-Christine Mathieu shows it), we manage to merge with our instrument.

Some basic components of this body-instrument set are positioned hereafter : the internal vibration propagates from the source, down to the ground through the virtual trunk and the roots, and keeps the warm air in the horn thanks to its minimal flow.

In other words, the expression is fully controlled when the body fades out behind the sound. Then, the playing process of the body-instrument set becomes flexibly driven by the musician, who can then concentrate on his musical speech since his sound is already put in place : from this point onwards, other musical features logically build up, such as articulation, nuances, rests…

« In the first place, you should learn to know yourself : learn to be aware of everything which must be achieved before playing a sound. » 

Making The Sound Ripen

Many findings result from this approach, which was happily taught to me by Master Robert Pichaureau some years ago (1983-85) and is feeding my personal routine in a continuous way : practice and assimilation make concepts mature with time, so that they become obvious.

Along these lines, this great teacher helped many musicians to unveil and (re-)build up their sound, enhancing these principles in a unified way for all types of instruments (he used to refer to The Inner Violin / Le violon intérieur of Dominique Hoppenot, extending the concept beyond the brass and woodwind players…) :

the sound of inner violin

Your best inner vibration is lived through and felt in consistency with your natural breathing, hence feeding your musical speech, which becomes spontaneous while getting more personal.

Here are Dominique Hoppenot‘s  words in Le violon intérieur , about actual feeling and experimenting :

 « In order to express (your art), (…) you must exist within your body, you should have something to say, and be able to say it. » 

 « What is described in a teaching speech as live and always renewed concepts easily becomes dogmatic when written down and you might take a risk in being satisfied by an intellectual understanding while only the lived experience matters. » 

 « True knowledge develops only through analyzing and assimilating information according to your own personality, and “knowing“ necessarily requires the duty of personal experience. » 

Your Mind Drives Your Art

Le Traité méthodique de pédagogie instrumentale, written by Michel Ricquier, also shows and explains the sound produced by the brass or the woodwind player. As a complement, the paramount role of mind for the art expression is developed in his book L’utilisation de vos ressources intérieures.

In the USA, Joe Allard was a notorious Master, as a clarinet and saxophone player, who educated several generations of musicians, following similar principles, from whom I mention excerpts consistent with my observations.

 « If you know how to play, if you understand your approach, then you have a good plan for your playing. You eliminate much of the fear of playing. There’s still concern because you want to play well, but you’re not afraid to blow.« 

 David Liebman is one of his famous followers, who elaborated his ideas about the development of a personal saxophone sound.

« In truth, there are no rules, only concepts. In all honesty, it took me years to understand some of his directions. This was especially true for the all-important overtone exercises and their significance. It finally dawned on me during my twenties how much the tone of the great players evidenced ease of production, evenness of sound, a rich and deep sonority, and most of all, personal expressiveness. »

Great musicians of all styles demonstrate as many embodiments of personal sound. Among the most significant ones to me, we can find Charlie ParkerPhil WoodsCannonball AdderleyDavid LiebmanEddie DanielsMiles DavisChet BakerClark TerryPierrick PédronJean-Charles RichardGéraldine LaurentMartin FröstRomain GuyotMaurice AndréTimofei DokshitserGuy Touvron

Ringing Multiple Bells

These teachings are feeding my understanding, following several milestones selected in a personal fashion, describing my feelings (and relevant proprioceptions) stemming from a progressive assimilation of the Pichaureau method and comparable concepts.

the instrument

The internal vibration flows from the musician’s body to his instrument which behaves as an amplifier : making one’s instrument sound good aims at optimizing its resonance.

the posture

Your body should be positioned so as to allow the unnecessary stresses to be cleared out downwards, down to the ground, taking advantage of the verticality of the sound column.

breathing and air

The good sound builds up on the exhalation, which seamlessly extends the inhalation : your aim should be to pick it up, by staying tuned to your natural breathing.

the air column

You should figure out the air column, better named as « sound column », as deep as possible : it feeds up your internal vibration which is amplified by the instrument.

do not blow

You should not blow-externalize, in order to be able to drive your vibration inwards and downwards : this way, you let your global resonance develop while sitting on the air, without inserting any stresses disturbing your sound.

the sound source

From your diaphragm center, you visualize the starting point of your internal vibration as low as you can, through the heels-roots : this will make your sound column deeper, bringing a fatter sound out of your body to your instrument.

the embouchure

Your internal vibration propagates through the embouchure – which you should visualize at the bottom of your sound column – producing then a sound specific to the musician-wind instrument configuration : this requires a good response from your equipment.

fingers and tongue

Your fingers and tongue finally embody the tools of you wind player becoming a sound sculptor by customizing your expression built on of your internal vibration.

a virtual trunk

Like the sportsman towering his performance by merging into his pelvis, this feeling forgets your real trunk for the benefit of your lower limbs, which then may appear as a new virtual trunk : it supports your vibrating body, echoing through the surrounding space.

highs and lows

Exploring the whole range of your instrument becomes easier by keeping your sound column relaxed from the bottom, where your exhaling and inhaling naturally link up in the fat vibration : you can now master your playing legato over a large range, while keeping the grain of your sound.

the sensations

When you listen to your natural breathing and you absolutely do not push, then your relaxation flows down, bringing the enjoyment of letting-go.

the convergence

When those multiple factors converge towards your vital center point, you may consider your body as unified behind your instrument, which receives its vibrating energy and makes it sound around.

Some References

The following authors are feeding my thoughts on how to master your internal vibration and provide numerous leads towards the free expression of your musical intent.


Le son du musicien

Mes réflexions sur la production du son du musicien se développent autour des concepts suivants :

Le son et la vibration intérieure

En découvrant le saxophone alto, après la clarinette, j’ai pris conscience de la nécessaire fondation du son, résultant de la maîtrise de la vibration intérieure au corps : en évitant toute contraction physique perturbant le geste musical (“les tensions rétrécissent le son“, comme le montre Marie-Christine Mathieu), on arrive justement à “faire corps“ avec son instrument.

Quelques éléments de ce corps/instrument sont localisés ci-dessous : la vibration interne se propage à partir de la source, jusque dans le sol par le tronc virtuel et les racines, et maintient l’air chaud dans l’instrument car son flux est minimal.

En d’autres termes, l’expression musicale est maîtrisée dès que son corps s’efface derrière le son. Ainsi, le jeu de l’ensemble corps-instrument devient malléable, souple et contrôlable par le musicien, qui peut d’emblée se concentrer sur son discours, car le son est déjà installé (ou “placé “), et le reste se construit par-dessus : l’articulation, les nuances, les silences…

« Il faut en tout premier lieu, apprendre à se connaître : à prendre conscience de tout ce qui doit se faire avant d’en venir à émettre un son. »

Le mûrissement du son

De nombreux constats découlent de cette approche, dont les préceptes me furent enseignés et démontrés par le maître Robert Pichaureau il y a quelques années (1983-85), et me nourrissent depuis, de façon continue et renouvelée : avec le temps, l’exercice et l’assimilation, les concepts mûrissent et s’éclaircissent pour devenir évidents.

Ce grand pédagogue a aidé de nombreux musiciens à découvrir et à (re)construire leur son, en déclinant ces principes de façon unifiée pour tout instrument, notamment en appliquant ses propos au violon intérieur de Dominique Hoppenot, pour aller au-delà des soufflants :

le son du violon intérieur

L’authentique vibration intérieure est vécue et ressentie en phase avec la respiration naturelle, nourrissant ainsi le discours musical qui se personnalise en gagnant en spontanéité.

Ainsi s’exprimait Dominique Hoppenot sur le vécu et l’expérimentation, dans Le violon intérieur :

« Pour exprimer (son art), (…) il faut exister au dedans, avoir quelque chose à dire, et pouvoir le dire.« 

« Ce qui est vivant, toujours neuf dans un enseignement oral devient facilement dogmatique quand on le fixe par écrit et l’on risque de se satisfaire d’une compréhension intellectuelle alors que seule compte l’expérience vécue.« 

« La vraie connaissance ne s’acquiert que dans la décomposition et l’assimilation de l’information à la personnalité de chacun, et “savoir“ passe nécessairement par l’obligation d’expérimenter personnellement.« 

La tête dans l’art

Selon une approche analogue, le Traité méthodique de pédagogie instrumentale, écrit par Michel Ricquier, permet aussi de comprendre et de dérouler la production du son de l’instrumentiste à vent. En complément, le rôle essentiel du mental pour l’expression artistique est développé dans son ouvrage L’utilisation de vos ressources intérieures.

Aux États-Unis, Joe Allard fut un illustre maître, clarinettiste et saxophoniste, qui a formé plusieurs générations de musiciens selon des principes analogues.

 « If you know how to play, if you understand your approach, then you have a good plan for your playing. You eliminate much of the fear of playing. There’s still concern because you want to play well, but you’re not afraid to blow.« 

David Liebman est l’un de ses célèbres disciples, qui a plus tard formalisé ses idées dans son ouvrage Developing a Personal Saxophone Sound.

« In truth, there are no rules, only concepts. In all honesty, it took me years to understand some of his directions. This was especially true for the all-important overtone exercises and their significance. It finally dawned on me during my twenties how much the tone of the great players evidenced ease of production, evenness of sound, a rich and deep sonority, and most of all, personal expressiveness. »

Les grands musiciens de tous styles représentent autant de démonstrations vivantes du son personnalisé. Je citerais, parmi les plus significatifs pour moi, Charlie ParkerPhil Woods, Cannonball Adderley, David LiebmanEddie Daniels, Miles Davis, Chet Baker, Clark Terry, Pierrick Pédron, Jean-Charles Richard, Géraldine LaurentMartin Fröst, Romain GuyotMaurice André, Timofei Dokshitser, Guy Touvron

Les éclairages multiples du son

Ces enseignements alimentent mon interprétation, déclinée à travers les thèmes suivants, sélectionnés selon mes perceptions (et les proprioceptions associées) résultant d’une assimilation raisonnée de la méthode Pichaureau et d’autres concepts similaires :

instrument

La vibration interne est transmise par le corps du musicien à l’instrument, qui joue le rôle d’amplificateur : faire sonner son instrument vise à en optimiser la résonance.

posture

Le positionnement du corps doit permettre l’évacuation des contraintes inutiles par le bas, jusque dans le sol, grâce à la verticalité de la colonne de son.

air et respiration

Le bon son se forme sur l’expir, qui prolonge l’inspir sans à-coup : l’objectif est de le capter en restant à l’écoute de sa respiration naturelle.

colonne de son

La colonne d’air, mieux désignée par “colonne de son”, est imaginée la plus longue possible : elle nourrit la vibration intérieure, qui est amplifiée par l’instrument.

ne pas souffler

La conduite de la vibration vers l’intérieur et vers le bas implique de ne pas souffler/extérioriser, afin de laisser se développer la résonance globale en restant sur l’air, sans créer de contraintes perturbantes pour le son.

source du son

À partir du centre du diaphragme, on imagine l’origine de sa vibration intérieure toujours plus bas, en passant par les talons/racines, ce qui allonge la colonne de son qui va faire vibrer le corps du musicien, puis l’instrument.

embouchure

La vibration interne se propage par l’embouchure – imaginée à la base de la colonne de son – en générant un son propre à la combinaison musicien/instrument à vent, ce qui nécessite une bonne réactivité du matériel à ce niveau.

doigts et langue

Les doigts et la langue apparaissent finalement comme les outils du sculpteur de sons que devient l’instrumentiste en personnalisant son expression construite sur sa vibration intérieure.

tronc virtuel

À l’instar du sportif qui transcende sa performance en se fondant dans son bassin, cette sensation occulte le tronc réel au profit des membres inférieurs qui peuvent être assimilés à un autre tronc, virtuel celui-là : il apparaît en effet comme la fondation du corps vibrant et résonant avec l’espace environnant.

aigus et graves

L’exploration de la tessiture est facilitée par le maintien de la relaxation au bas de la colonne de son, là où l’expir et l’inspir s’enchaînent naturellement dans le gras de la vibration : le legato sur les grands intervalles devient maîtrisable, en conservant le grain du son.

sensations

La perception de sa respiration naturelle combinée avec l’exigence de non-poussée permet de laisser s’écouler la relaxation, avec le plaisir du lâcher-prise.

convergence

Lorsque les actions de ces multiples facteurs convergent vers le centre vital, on peut parler de l’unification du corps derrière l’instrument qui en capte l’énergie vibrante pour la faire rayonner alentour.

Références

Ces auteurs nourrissent mes réflexions sur la maîtrise de la vibration interne du musicien et fournissent de nombreuses pistes vers la libre expression de ses intentions musicales.