ne pas souffler

Pour assurer une attaque nette et sans bavure, qu’elle soit fff ou ppp – et sans coup de langue à la première émission ! -, on imagine le bord du bec placé précisément à la source du son. En laissant la colonne d’air s’ouvrir vers le bas grâce à la relaxation de la respiration naturelle, à partir de la source du son, l’expir prolonge l’inspir vers l’intérieur et propage la vibration vers le sol.

Grâce à ses images proprioceptives, le musicien conduit sa relaxation jusqu’au centre du son (le point de respiration naturelle), d’où émerge alors la vibration : à partir de ce point, le transverse de l’abdomen dirige l’expiration vibrante vers l’arrière, assurant ainsi la dynamique et la stabilité du son.
C’est ce qu’exprimait Beniamino Gili en laissant tomber son ventre par terre pour pouvoir capter et maintenir cette sensation tout le long de l’émission du son, sans perturber l’action du diaphragme (voir la respiration et la voix).
En d’autres termes, la voix du musicien doit jouer de la résonance de son corps, sans le solliciter directement, pour éviter toute contraction parasite.

On ne souffle surtout pas, car on est déjà sur l’air et en confiance, “ça joue tout de suite“ sans bruit d’attaque soufflée : en effet, soit la langue n’est pas en contact, car elle est au repos en arrière, soit elle se retire du bord du bec pour libérer l’anche, toujours vers l’arrière. Ça vibre et ça chante, en consommant aussi peu d’air que possible, et “souffler n’est pas jouer“ trouve là une réelle signification, car souffler empêcherait de vraiment jouer.

George Kochevitsky montre dans The Art Of Piano Playing comment l’absence de tout mouvement apparent favorise la qualité du résultat de l’intention musicale. On ne souffle pas, car l’air n’est pas extériorisé, comme si on voulait le laisser en bas (Alfred Tomatis met en évidence cette nécessité de ne pas pousser vers l’extérieur, dans L’oreille et la voix), mais on chante vers l’intérieur et vers les pieds : l’air vibré est très chaud, on peut le constater en touchant le bocal du sax, et c’est là un signe de qualité du son pensé et vécu – “il est grave“ !…

Le violon intérieur de Dominique Hoppenot, lui aussi, fait résonner son chant vers le bas.


Dans ce son qu’on n’a pas fait, il y a toutes les couleurs, tous les harmoniques, on vit le son, on ne le fait pas.

Robert Pichaureau


Imaginer l’embouchure sur le ventre.
Avoir l’envie de jouer à l’intérieur.

Le souffle va de l’extérieur vers l’intérieur et surtout pas l’inverse.
Ça va jouer tout seul.
Le souffle du chant doit suffire.
Si ça ne vibre pas, le souffle n’est pas assez chaud.
Le souffle doit sortir par les oreilles.
Le souffle doit sortir par la nuque.
Avoir l’impression que le son sort de partout mais pas de devant.

Robert Pichaureau, Expressions favorites


Finally, years later, I realized the importance of Joe’s exercises and explanations : the “fat“ bottom lip, the abdominal breath, the “e“ position for the back of the tongue, anchor tonguing for the tip and more.

These were guiding principles and once understood, it meant that you were playing the saxophone as intended, as an extension of your voice, not as some separate piece of brass that you fingered.

David LiebmanRemembering the Master


Don’t play the saxophone. Let it play you.

Charlie Parker

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