instrument

L’instrument, qu’il soit à vent, à cordes, à peaux, joue pleinement son rôle en amplifiant la voix du musicien, expression directe de sa vibration intérieure : pour tirer parti de l’acoustique de cet amplificateur, l’instrumentiste vise à en stimuler la résonance, à partir de la vibration interne à son corps, émise à la source du son, puis modulée par ses cordes vocales.

Ainsi que l’explique Alfred Tomatis dans L’oreille et la voix, il doit chanter, c’est-à-dire vibrer, pour alimenter son instrument et le faire (ré)sonner. Dans le cas des instrumentistes à vent, la colonne d’air vient évidemment à l’esprit, mais elle reste essentielle avec tout autre instrument, comme Le violon intérieur de Dominique Hoppenot.

En particulier, lorsqu’on fait vibrer la clarinette, après avoir stabilisé sa sonorité au saxophone, cette approche donne du recul par rapport à la tension différente de la matière sonore : on doit être centré et verticalisé dans sa colonne d’air de la même façon pour les deux instruments, afin d’obtenir l’aisance recherchée. Dans son ouvrage The Art Of Piano Playing, George Kochevitsky décrit cette sensation d’aisance comme le résultat du contrôle mental sur le moyen d’expression (i.e. le corps du musicien), montrant comment l’idée musicale pilote le jeu sur l’instrument.


Des années de recherche solitaire m’ont conduit à analyser et à comprendre le travail inconscient de notre corps, lorsque nous faisons vibrer un instrument.

(…) prendre conscience de tout ce qui doit se faire avant d’en venir à émettre un son : voilà le vrai travail. Pour cela : éviter d’avoir l’instrument dans  les mains.

Robert Pichaureau


Le véritable instrument est le corps.

Robert Pichaureau, Expressions favorites


The horn is like a megaphone which amplifies the sound wave set up by the vocal cords and reed vibration. Air, even air lying still in the horn itself, becomes sound.

David LiebmanDeveloping a Personal Saxophone Sound


You find the center of that horn for your physionomy : the node, what makes it vibrate, you know, and when you find it, it’s there.

Phil WoodsMaster Class at New York University


The clarinet disappears, and I disappear and all you hear is music. (…) It’s playing so great that I forget there is a clarinet.

The  clarinet is leading me. (…) Sometimes the clarinet is playing me ; sometimes I think I’m playing the clarinet : that’s when it’s wrong ! When you think you’re playing the clarinet, already there’s too much separation between you and the clarinet, and then it’s not really happening (…) like when it’s just the music.

Eddie Daniels, in
A Few Moments with Eddie Daniels,
Eddie Daniels on The Art of Noodling

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