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colonne de son

La vibration intérieure de l’instrumentiste, à vent ou autre – comme on le voit dans Le violon intérieur de Dominique Hoppenot -, se développe dans la colonne d’air, depuis la source sonore jusqu’à l’embouchure en passant par les cordes vocales, puis est amplifiée par l’instrument.

On éprouve cette colonne d’air – plutôt la colonne de son, caractérisée par Alfred Tomatis dans L’oreille et la voix – par le relâchement des muscles de l’abdomen, en observant sa propre respiration : ce faisant, on oublie son embouchure en développant une sensation de verticalité et d’enracinement de la vibration, à la manière d’un tronc d’arbre qui serait matérialisé par les membres inférieurs.


La colonne d’air vibre et se recycle comme le jet d’eau au centre du bassin.

Il faut toujours s’intérioriser, c’est pour ça que le son filé est très bien, mais seulement en laissant filer le son, et toujours avoir cette verticalité, cette ouverture du corps.

Quand on chante, le corps s’ouvre, s’ouvre, s’ouvre, et il faut toujours que ça soit comme ça, cela s’appelle “être sur l’air“.

Robert Pichaureau


The idea is that the movements of the vocal cords be utilized for the artistic purposes of shaping a sound.

David LiebmanDeveloping a Personal Saxophone Sound

la respiration et la voix

Lorsque l’on s’observe en train de respirer naturellement, en relâchant le bas du dos vers l’arrière pour éviter les tensions inutiles, on prend conscience de la liaison entre son corps et le sol, matérialisée par les membres inférieurs, à l’instar d’un tronc avec ses racines.

Puis, en se relaxant jusqu’à la base de la colonne de son, on imagine la vibration intérieure partir des talons, et on ne pousse surtout pas, afin de consommer le moins d’air possible et ainsi développer un riche spectre sonore.


Je dissertais sur la respiration large et ample, non poussée.


Il s’agit en fait d’observer une attitude d’abandon de soi-même (…)


(…) ce son régulièrement émis rééquilibre la respiration sur un mode de non-poussée. L’acte respiratoire dépend en effet du comportement laryngé car il existe une véritable imbrication entre le jeu du larynx et la coulée respiratoire.


La grande respiration ample et tranquille est celle qui est souhaitable à tous moments de la vie.


À vrai dire, dans sa plénitude, elle est l’exception et elle n’est réellement acquise qu’au prix d’un long et sérieux apprentissage. Une fois que le mécanisme repiratoire souhaité est enfin obtenu, il faut l’appliquer à l’acte chanté. Il s’agit du même processus mais avec un jeu bien spécifique auquel s’associent des sensations proprioceptives caractéristiques.


Ainsi donc, chez la plupart des chanteurs expérimentés, seul le diaphragme est opérationnel. Seul, il assure toute la dynamique phonatoire tandis que le thorax reste pratiquement immobile, en dilatation. (…) Beniamino Gili par exemple me précisait qu’il laissait “tomber son ventre par terre“ et ce pour respirer et tenter de maintenir cette même impression tout au long de l’émission, c’est-à-dire autant que devait durer la coulée du souffle. C’était un bon moyen pour que la musculature abdominale n’interfère pas sur le jeu diaphragmatique.


(…) chanter, c’est agir sous l’effet de l’expiration.


Mais comment s’y prend-on, en l’occurrence, pour aborder le problème, à l’envers ? Tout bonnement en analysant la respiration normale.


Il faut “prendre“ certes de l’air, mais de manière confortable, sans plus. Puis il faut savoir distribuer cet air, en régler le débit avec le minimum de pression, comme pour caresser les cordes vocales. Celles-ci, quant à elles, se mettent alors à vibrer et à exciter la colonne osseuse qui, de son côté, se met à chanter.


Encore une fois, nous rappelons que tout est fondé ici sur l’effort à observer pour éviter l’effort. (…) En réalité, le fait de chanter et de chanter bien réintroduit la découverte d’une respiration vraie, calme, non stressée, d’un véritable rythme physiologique.


Certes, tous ces mouvements et gestes sont également d’origine musculaire. Mais ils répondent en fait à l’ensemble antagoniste des muscles de poussée.


Alfred Tomatis, L’oreille et la voix

le son du violon intérieur

L’authentique vibration intérieure est vécue et ressentie en phase avec la respiration naturelle, nourrissant ainsi le discours musical qui devient spontané en se personnalisant.


Pour exprimer (son art), (…) il faut exister au dedans, avoir quelque chose à dire, et pouvoir le dire.


Ce qui est vivant, toujours neuf dans un enseignement oral devient facilement dogmatique quand on le fixe par écrit et l’on risque de se satisfaire d’une compréhension intellectuelle alors que seule compte l’expérience vécue.


La vraie connaissance ne s’acquiert que dans la décomposition et l’assimilation de l’information à la personnalité de chacun, et “savoir“ passe nécessairement par l’obligation d’expérimenter personnellement.


Dominique Hoppenot, Le violon intérieur