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convergence

Le son personnel résulte donc de convergences multiples, entre :
– le corps et l’instrument,
– le corps et le sol,
– l’inspiration et l’expiration,
– la colonne d’air et le diaphragme,
– l’oreille interne et les cordes vocales,
– la nuque et les reins,
– l’embouchure et la source du son,
– la source du son et les talons,
– le son et les idées musicales,
et plus globalement, entre les propres images mentales et le contrôle physique qu’elles orientent, comme le bassin et la verticalité, ainsi qu’on le voit dans L’oreille et la voix d’Alfred Tomatis.

Comme illustré dans “air et respiration“, l’image de cette convergence globale est centrée au bas du dos, elle nous fait oublier de souffler pour plutôt vibrer, et évite du même coup toute contraction perturbatrice : le contrôle mental de ce processus est mis en évidence par George Kochevitsky dans The Art Of Piano Playing.

En libérant le muscle transverse pour le laisser peser sur la “bouée“ autour du bassin, la sensation du son  se propage  vers le sol et ne requiert qu’une consommation d’air minimale. Cette riche vibration est générée à partir de la position optimale de ce muscle transverse, captée au plus bas grâce au lâcher-prise en fin d’inspiration naturelle : c’est l’instant précis de la pose du bon son, qui coule dans les talons et se développe pendant l’expiration non poussée.

La confiance en soi et le bien-être physique se renforcent dans cette convergence globale, rendant l’expression musicale pleinement vécue, comme rayonne Le violon intérieur de Dominique Hoppenot.


Être indivisible.
Tirer la nuque avec les reins.
Faire des phrases et non des notes.

Robert Pichaureau, Expressions favorites


L’unité corps/mental est LA machine qui fait TOUT fonctionner.

Michel RicquierL’utilisation des ressources intérieures


The inner ear works in combination with the nervous system and brain in order to issue commands to the vocal cords.

David LiebmanDeveloping a Personal Saxophone Sound


Try to build your solos.

Phil WoodsMaster Class at New York University


Music is your own experience, your own thoughts, your wisdom.
If you don’t live it, it won’t come out your horn.

Charlie ParkerThe Official Web Site of Charlie Parker

les sensations par le violon intérieur

Le but est de pouvoir re-produire à volonté la sensation gratifiante de la vibration intérieure, en re-trouvant rapidement l’attitude appropriée : cette configuration du corps est garantie par la confiance en soi liée à la stabilité de la source du son, qui ne demande qu’à être révélée et instantanément ranimée, pour être ensuite amplifiée par l’instrument.


La motivation la plus constructive dans la conquête de l’instrument est une motivation de plaisir (…)


Notre démarche consiste en réalité à prendre une conscience intime et aigüe de ce que l’on ressent dans un geste ou dans plusieurs gestes combinés jusqu’à pouvoir les retrouver et les refaire exactement sans le moindre doute, sur simple évocation mentale instantanée de la sensation trouvée.


Les sensations ne peuvent naître qu’en donnant une forme à nos désirs, donc en créant des images mentales qui leur correspondent (…)


La sensation juste correspond à un bien-être personnel à chacun, adapté à l’image mentale préalable (…).


Lorsque la sensation sonore est juste, il y a “résonance“, mise en vibration du corps, donc plaisir. La résonance est un maître, un vérificateur. Toutes les autres sensations intervenant dans le jeu lui sont reliées.


(…) la sensation de “soi-même“ (…) nous fait éprouver l’axe vertical, la mobilité dans l’espace, l’équilibre des forces contraires, la centration dans le “hara“ (…) Les sensations de contacts naissent d’une conscience aigüe de notre appartenance au sol, de la qualité de présence de nos doigts sur la touche et sur le violon (…) D’autres sensations interviennent plus tard dans le jeu lui-même ; elles sont le fruit d’une réalisation déjà très aboutie : geste exact, impression de “jouer sur soi“, sensation de “lâcher-prise“ et de “laisser-faire“ liée à l’extrême vigilance de la perception et de l’écoute (…)


(…) force nous est de constater qu’une exécution n’existe qu’à travers le plaisir de la “vibration“.


Celui qui a trouvé sa voix, c’est-à-dire sa sonorité, n’a plus à la rechercher ni à redouter sa faillite puisqu’elle est. Il lui suffit de l’appeler sans jamais la forcer, de la laisser venir et de la “laisser faire“ au gré de son maître, la musique !


Dominique Hoppenot, Le violon intérieur

sensations

La maîtrise de l’expression conduit au plaisir, d’autant plus spontané et gratifiant qu’il résulte d’une décontraction, plutôt que d’un effort physique : la relaxation s’accompagne en effet de sensations qui renforcent la confiance en soi et assurent la qualité du son. George Kochevitsky analyse dans son ouvrage The Art Of Piano Playing la relation entre la synchronisation musculaire et la qualité du son produit.

Le musicien soufflant apprécie d’abord l’ajustement de son placement initial avant d’amener l’instrument à sa bouche, en même temps qu’il capte la position du diaphragme à la toute fin de son inspiration spontanée : il prolonge alors doucement cette sensation vers l’arrière en laissant vibrer l’expiration jusque dans le sol, puis dans l’espace – à l’instar de la voix comme le montre Alfred Tomatis dans L’oreille et la voix. La non-poussée, combinée avec la sensation verticale du Hara, permet à la vibration de se diffuser par les pieds, à l’instar de celle du violon intérieur de Dominique Hoppenot.


La pensée engendre la volonté, ça c’est sûr, la volonté détruit l’envie et sans envie il n’y a pas d’équilibre,
sans plaisir pas de réussite.

Oui, ce sont des petites phrases, mais c’est quand même la vérité, ce n’est pas compliqué, c’est l’art de rester soi-même, seulement pour rester soi-même, il ne faut pas être dans la tête, c’est pour ça que l’on peut dire
qu’il faut avoir confiance en soi.

Il faut être artiste,
il faut avoir une décontraction expressive,
c’est à dire, comme le dit Mme Hoppenot
dans “Le violon intérieur“, le tonus dans la décontraction.

Robert Pichaureau


Il faut se régaler avec la musique.
Le son doit être vécu.
La vie est dans les tripes.
La tête doit rentrer dans les épaules, vous devez vous tasser, devenir un TAS !

Robert Pichaureau, Expressions favorites


The less energy spent on technical production, the more available for creativity.

Being as relaxed as possible in playing allows the creative mind as well as the emotions to more easily come forth.

David LiebmanDeveloping a Personal Saxophone Sound


Take more chances.

Phil WoodsMaster Class at New York University


(…) the whole thing is about relaxation ; all of music for me is about relaxation : if you’re uptight when you’re playing, the music is uptight.

And if you’re totally in the zone where you’re just so cool, you’re having fun (…)

Eddie Daniels, in
The Music of Eddie Daniels, Eddie on Standards

ne pas souffler

Pour assurer une attaque nette et sans bavure, qu’elle soit fff ou ppp – et sans coup de langue à la première émission ! -, on imagine le bord du bec placé précisément à la source du son. En laissant la colonne d’air s’ouvrir vers le bas grâce à la relaxation de la respiration naturelle, à partir de la source du son, l’expir prolonge l’inspir vers l’intérieur et propage la vibration vers le sol.

Grâce à ses images proprioceptives, le musicien conduit sa relaxation jusqu’au centre du son (le point de respiration naturelle), d’où émerge alors la vibration : à partir de ce point, le transverse de l’abdomen dirige l’expiration vibrante vers l’arrière, assurant ainsi la dynamique et la stabilité du son.
C’est ce qu’exprimait Beniamino Gili en laissant tomber son ventre par terre pour pouvoir capter et maintenir cette sensation tout le long de l’émission du son, sans perturber l’action du diaphragme (voir la respiration et la voix).
En d’autres termes, la voix du musicien doit jouer de la résonance de son corps, sans le solliciter directement, pour éviter toute contraction parasite.

On ne souffle surtout pas, car on est déjà sur l’air et en confiance, “ça joue tout de suite“ sans bruit d’attaque soufflée : en effet, soit la langue n’est pas en contact, car elle est au repos en arrière, soit elle se retire du bord du bec pour libérer l’anche, toujours vers l’arrière. Ça vibre et ça chante, en consommant aussi peu d’air que possible, et “souffler n’est pas jouer“ trouve là une réelle signification, car souffler empêcherait de vraiment jouer.

George Kochevitsky montre dans The Art Of Piano Playing comment l’absence de tout mouvement apparent favorise la qualité du résultat de l’intention musicale. On ne souffle pas, car l’air n’est pas extériorisé, comme si on voulait le laisser en bas (Alfred Tomatis met en évidence cette nécessité de ne pas pousser vers l’extérieur, dans L’oreille et la voix), mais on chante vers l’intérieur et vers les pieds : l’air vibré est très chaud, on peut le constater en touchant le bocal du sax, et c’est là un signe de qualité du son pensé et vécu – “il est grave“ !…

Le violon intérieur de Dominique Hoppenot, lui aussi, fait résonner son chant vers le bas.


Dans ce son qu’on n’a pas fait, il y a toutes les couleurs, tous les harmoniques, on vit le son, on ne le fait pas.

Robert Pichaureau


Imaginer l’embouchure sur le ventre.
Avoir l’envie de jouer à l’intérieur.

Le souffle va de l’extérieur vers l’intérieur et surtout pas l’inverse.
Ça va jouer tout seul.
Le souffle du chant doit suffire.
Si ça ne vibre pas, le souffle n’est pas assez chaud.
Le souffle doit sortir par les oreilles.
Le souffle doit sortir par la nuque.
Avoir l’impression que le son sort de partout mais pas de devant.

Robert Pichaureau, Expressions favorites


Finally, years later, I realized the importance of Joe’s exercises and explanations : the “fat“ bottom lip, the abdominal breath, the “e“ position for the back of the tongue, anchor tonguing for the tip and more.

These were guiding principles and once understood, it meant that you were playing the saxophone as intended, as an extension of your voice, not as some separate piece of brass that you fingered.

David LiebmanRemembering the Master


Don’t play the saxophone. Let it play you.

Charlie Parker