Archives pour l'étiquette pianissimo

piano is the instrument

Concentrating on proprioceptive images drives your internal vibration to your instrument, giving life to your musical ideas over your natural breathing as if you would sing them : then your instrument amplifies and projects them around. As soon as your instrument seems forgotten, since you are relaxing yourself on your sound center (the location of which is felt from your appropriate body preparation), you feel as if you were directly plugged to your musical speech : you do not pay attention to the so-called technical problems, and become the actual master of your instrument.

To really enjoy it, you should play soft and full tones in order to better drive the sound emission. The full sensation of your sound requires some progression, beginning with a slow, soft and precise pattern : such a practicing indeed gives time to your vibrating sound to deploy and settle in your voice, enhancing your sensations flow from your belly bottom down to your heels. Then, keeping your sound source located as low as possible, makes you hold your optimal and fat vibration longer and longer. This way, you physically understand how your musical thought can drive your instrument.


[Steinhausen on the psychic origin of technique : in 1905, several months after the appearance of Rudolf Maria Breithaupt‘s Die Natürliche Klaviertechnik, Dr. Friedrich Adolph Steinhausen’s Die Physiologische Fehler und Umgestaltung der Klaviertechnik (“The Physiological Misconceptions andReorganization of Piano Technique“) was published.]

Beginning practice starts with too much expenditure of force. The elimination of too much muscle action is the real basis for developing agility.


While the mind is dominating and determining this goal, the whole arm is “the animated tool“, but always, only the tool.


[Ferruccio Busoni (1866-1924) was the first to emphasize consistently the importance of mental factors in the pianist’s practical work. He presented his ideas in his edition of the Bach Well-Tempered Clavichord (1894).]

Busoni suggests that, until the musical meaning becomes clear, one should not touch the instrument. Because the demands of the keyboard tend to force one to forget about musical meaning, mental practicing away from the instrument plays an important part in the preparatory work.


1/3 – When a stimulus creates excitation, the result is a discharge of impulses. Inhibition suppresses superfluous (or even harmful) excitation. The restraining, coordinating and protective role of inhibition is of utmost importance in the integrative activity of the central nervous system (…)

2/3 – Slow and extremely even playing is indispensable, not only for obtaining clear proprioceptive sensations but for strengthening the inhibitory process.

3/3 – For strengthening the inhibitory process, I recommend practicing pianissimo, extremely evenly, in slow as well as in faster tempos. The student should also be able to regulate both sudden and gradual increase or decrease in volume in any section of the composition and in any conceivable tempo. The ability to do this, plus the ability to slow down and to stop at any given moment, is the best proof of proper balance between excitatory and inhibitory processes.


When a pianist realizes a given musical idea, the tonal image, the auditory stimulation (conditional stimulus), must always precede the motor reaction (unconditional stimulus), in performance as well as in practicing.


The musical incentive has to be a signal provoking the motor activity. Otherwise the latter, the technique, can easily become an end in itself.


Each time an intricate passage is repeated, its execution demands a new adaptation, and so acquiring technique appears as adjustment. Repetition, instead of dull drilling, now becomes a trial solution, a trial always rationally prepared.


During one practice period, several conscious well-prepared repetitions of a troublesome spot in a piece can be sufficient. When we repeat that spot too many times, our attention is weakened and consequently distracted : unconscious repetition would probably obliterate the positive results we had achieved.


(…) the increase of tempo while studying a musical composition should proceed gradually, and this increase must often alternate with slow and very careful playing. The ability to play evenly and the ability to slow down at any point in a passage serve as criteria of precise and sufficient inhibition. (…) Deep legato practicing is extremely useful for strengthening weak nervous processes.


[Josef Hofmann (1876-1957)]

“The full acoustic picture of the music must be lodged in the mind, before it can be expressed through the hands.“ Then the “playing“ is simply the manual expression of something [a pianist] knows.


George Kochevitsky,
The Art Of Piano Playing

le piano est l’instrument

En se concentrant sur ses images proprioceptives, on laisse sa vibration interne se propager librement jusqu’à l’instrument, en laissant filer ses idées musicales sur sa respiration naturelle, comme si on les chantait : l’instrument est là pour les amplifier et les projeter. Dès qu’on oublie l’instrument, puisqu’on est relaxé sur la source du son (localisée consciemment grâce à la préparation de son corps), on est en prise directe avec son discours musical : on ne se préoccupe plus des prétendues difficultés techniques, et on éprouve la maîtrise de son instrument. La jouissance arrive alors avec l’émission contrôlée d’un son très doux et plein.

Afin de ressentir intégralement cette expression sonore, il est préférable de décliner progressivement ses motifs musicaux, en commençant pianissimo : alors, le son vibrant a le temps de se déployer et de se stabiliser, propageant les sensations depuis le bas du ventre vers les talons. Ensuite, le maintien aussi bas que possible de la source sonore permet d’alimenter cette vibration “grasse“ de plus en plus longtemps. C’est ainsi que l’on comprend par son corps comment la pensée musicale peut piloter son instrument.


[Steinhausen sur l’origine psychique de la technique : en 1905, plusieurs mois après la parution du livre de Rudolf Maria Breithaupt, Die Natürliche Klaviertechnik, fut publié l’ouvrage du Dr Friedrich Adolph Steinhausen Die Physiologische Fehler und Umgestaltung der Klaviertechnik (“Erreurs physiologiques et réorganisation de la technique pianistique“).]

On dépense souvent un effort physique excessif en démarrant une séance de travail instrumental. L’élimination des actions musculaires superflues est la véritable base de progrès dans l’agilité du geste.


Tandis que l’intellect pilote l’objectif à atteindre, l’ensemble du bras constitue “l’outil du geste“, et seulement l’outil.


[Ferruccio Busoni (1866-1924) fut le premier à insister sur l’importance du rôle mental dans l’exercice pianistique. Il présenta ses idées dans Le Clavier Bien Tempéré De Bach (1894).]

Busoni suggère de ne pas toucher à l’instrument tant que le message musical n’est pas clair. Comme les exigences du clavier poussent le pianiste à oublier ce message, l’exercice par l’intellect sans l’instrument  prend toute sa place dans le travail préparatoire.


1/3 – La stimulation de l’excitation provoque une décharge impulsive. Alors que l’inhibition annule l’excitation superflue (ou même douloureuse). Ce rôle réducteur, liant et protecteur de l’inhibition revêt une importance primordiale dans l’activité intégratrice du système nerveux central (…).

2/3 – Jouer de son instrument doucement et de façon la plus égale possible est indispensable, non seulement pour obtenir des sensations proprioceptives précises, mais aussi afin de renforcer le processus d’inhibition.

3/3 – Pour renforcer ce processus d’inhibition, je recommande de travailler l’instrument pianissimo, de façon très uniforme, dans des tempos lents et rapides également. En outre, le musicien doit savoir contrôler à tout moment les variations de volume et de tempo aussi bien subites que progressives. Cette capacité, en plus de la possibilité de ralentir et de s’arrêter à la demande, s’avère la meilleure preuve du bon équilibre entre les processus excitateur et inhibiteur.


Lorsqu’un pianiste concrétise une idée musicale, l’image sonore et la stimulation auditive (le stimulus conditionnel) doivent toujours précéder la réaction motrice (le stimulus inconditionnel), aussi bien en situation de concert qu’en travail de répétition.


L’incitation musicale doit être le signal déclencheur de l’activité motrice. Sans cela, la technique peut prendre le pas et devenir une fin en soi.


Chaque répétition d’un passage délicat exige une nouvelle adaptation, et le développement de la technique apparaît ainsi comme un ajustement constant. Répéter, plutôt qu’un bête annonement, aboutit effectivement à un véritable test, une vérification préparée rationnellement.


Pendant une séance de travail, il peut être suffisant de ne répéter que quelques fois un passage difficile, à condition qu’il soit consciemment et soigneusement préparé. Si ce passage est joué à de trop nombreuses reprises, l’attention faiblit et se disperse : une répétition inattentive pourrait annuler les bienfaits obtenus par le travail précédent.    


(…) l’accélération du tempo en cours d’exercice musical doit s’appliquer progressivement, et alterner avec des passages joués lentement et très attentivement. La capacité de jouer de façon égale et celle de ralentir à tout moment apparaissent comme des critères d’inhibition précise et suffisante. (…) La pratique de longues liaisons legato est aussi de nature à renforcer les processus nerveux peu affirmés.


[Josef Hofmann (1876-1957)]

“L’image sonore de la musique à venir doit se développer mentalement avant de s’exprimer par les mains. “ Alors, le “jeu “ ne devient que l’expression par ses mains de l’idée du pianiste.


George Kochevitsky, The Art Of Piano Playing
(traduit par Guy Robert)