les sensations par le violon intérieur

Le but est de pouvoir re-produire à volonté la sensation gratifiante de la vibration intérieure, en re-trouvant rapidement l’attitude appropriée : cette configuration du corps est garantie par la confiance en soi liée à la stabilité de la source du son, qui ne demande qu’à être révélée et instantanément ranimée, pour être ensuite amplifiée par l’instrument.


La motivation la plus constructive dans la conquête de l’instrument est une motivation de plaisir (…)


Notre démarche consiste en réalité à prendre une conscience intime et aigüe de ce que l’on ressent dans un geste ou dans plusieurs gestes combinés jusqu’à pouvoir les retrouver et les refaire exactement sans le moindre doute, sur simple évocation mentale instantanée de la sensation trouvée.


Les sensations ne peuvent naître qu’en donnant une forme à nos désirs, donc en créant des images mentales qui leur correspondent (…)


La sensation juste correspond à un bien-être personnel à chacun, adapté à l’image mentale préalable (…).


Lorsque la sensation sonore est juste, il y a “résonance“, mise en vibration du corps, donc plaisir. La résonance est un maître, un vérificateur. Toutes les autres sensations intervenant dans le jeu lui sont reliées.


(…) la sensation de “soi-même“ (…) nous fait éprouver l’axe vertical, la mobilité dans l’espace, l’équilibre des forces contraires, la centration dans le “hara“ (…) Les sensations de contacts naissent d’une conscience aigüe de notre appartenance au sol, de la qualité de présence de nos doigts sur la touche et sur le violon (…) D’autres sensations interviennent plus tard dans le jeu lui-même ; elles sont le fruit d’une réalisation déjà très aboutie : geste exact, impression de “jouer sur soi“, sensation de “lâcher-prise“ et de “laisser-faire“ liée à l’extrême vigilance de la perception et de l’écoute (…)


(…) force nous est de constater qu’une exécution n’existe qu’à travers le plaisir de la “vibration“.


Celui qui a trouvé sa voix, c’est-à-dire sa sonorité, n’a plus à la rechercher ni à redouter sa faillite puisqu’elle est. Il lui suffit de l’appeler sans jamais la forcer, de la laisser venir et de la “laisser faire“ au gré de son maître, la musique !


Dominique Hoppenot, Le violon intérieur